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Binge drinking: comment la mémoire est-elle touchée? Mots clés : alcool, jeunes, adolescents Par Mickael Naassila - le 11/09/2015 AVIS D'EXPERT - Les connaissances s...
Le Courrier picard: PICARDIE La biture e...

PICARDIE La biture express fait un ravage chez les ados Publié le 03/09/2015 Courrier picard Il suffit de deux bitures express (binge drinking) en 24 heures pour que la mémoire soit att...
Le Monde : Deux cuites, et une mémoire ...

Deux cuites, et une mémoire qui flanche LE MONDE SCIENCE ET TECHNO | 17.08.2015 à 15h23 • Mis à jour le 18.08.2015 à 19h04 | Par Sandrine Cabut image: http://s2.lemde.fr/image2x/2015/...

Nouvelles

Symposium sur le binge drinking au meeting ATHS 2015
Posté le 01/03/2016, 01:30




Congrès français de Psychiatrie , symposium : Binge drinking : une catastrophe annoncée ?
Posté le 01/03/2016, 01:18

 

 

 

Retour CFP 2015

Sessions thématiques du congrès 2015 :
S22 – Binge drinking chez les jeunes : lectures clinique, neuropsychologique et neurobiologique

Président : Henri-Jean AUBIN – Villejuif

S22A – Impact émotionnel et cognitif du binge drinking – Pierre MAURAGE – Louvain-la-Neuve, Belgique
S22B – Impact cérébral du binge drinking et vulnérabilité à l’alcoolodépendance – Mickael NAASSILA – Amiens

S22C – Quelle qualité de vie pour les binge drinkers ?
 Amandine LUQUIENS – Villejuif

Le binge drinking, une pratique consistant à ingérer en un temps très court de fortes quantités d’alcool, est un mode de consommation intermittent d’alcool de plus en plus répandu en France chez les adolescents et les jeunes adultes, en particulier en milieu étudiant. Si les conséquences à moyen et long terme du binge drinking sont encore mal connues, la neurotoxicité et le risque d’alcoolodépendance associés à ce comportement apparaissent particulièrement inquiétantes pour l’avenir.  

Points forts

  • La toxicité du binge drinking sur le cerveau est très supérieure à celle de la consommation d’une quantité équivalente d’alcool répartie dans le temps.
  • Le binge drinking est associé à des déficits cognitifs mais aussi émotionnels qui pourraient être impliqués dans l’apparition d’une dépendance.
Si les risques immédiats du binge drinking sont évidents, ses conséquences cognitives et cérébrales à plus long terme ne sont explorées que depuis peu de temps. Dans la première présentation de ce symposium le professeur P. Maurage (Université de Louvain) a souligné ainsi qu’après avoir longtemps pensé que les effets neuronaux de l’alcool ne survenaient après de longues périodes de consommation, on constate aujourd’hui que le binge drinking peut avoir des effets rapides et marqués sur le cerveau. L’alternance répétée de périodes d’intoxications massives et de sevrages semble en effet présenter une neurotoxicité supérieure à celle induite par la consommation plus régulière d’une même quantité d’alcool.  Le cerveau encore en phase de maturation des adolescents ou des jeunes adultes serait par ailleurs particulièrement sensible aux effets de l’alcool. La conjonction de ces deux phénomènes fait du binge drinking chez le sujet jeune une pratique particulièrement dangereuse pour le cerveau. Il apparaît en effet relativement établi maintenant que le binge drinking provoque des troubles cognitifs précoces dans le domaine de l’attention ou de la mémoire mais aussi de la prise de décision avec un déficit d’inhibition et de contrôle du comportement. Des études plus récentes insistent aussi sur l’existence chez les sujets binge drinkers d’anomalies de traitement des informations émotionnelles qui pourraient participer au développement et au maintien des troubles liés à la consommation d’alcool.

 

Au niveau cérébral, le professeur M. Naassila (Université de Picardie) a présenté une série d’études initiées dans le cadre du projet européen Alcobinge, confirmant tant chez l’homme que chez l’animal la neurotoxicité particulière du binge drinking. Ainsi par exemple, une diminution de la substance grise a été observée dans l’hippocampe de sujets binge drinkers par rapport à des consommateurs d’alcool sociaux. Ce résultat est cohérent avec les données animales qui montrent que deux équivalents d’épisodes de binge drinking à l’adolescence suffisent à induire des perturbations de la plasticité hippocampique associées à des déficits d’apprentissage et de mémorisation. Par ailleurs, et de façon particulièrement inquiétante, les études animales montrent que les rats exposés à quelques épisodes de binge drinking à l’adolescence présentent à l’âge adulte un comportement plus anxieux, consomment plus d’alcool et surtout présentent plus de motivation pour se procurer celui-ci.


Vers une génération perdue ?

 

 

Enfin, le Dr A. Luquiens (Villejuif) a exposé les résultats de l’étude BDmiE sur la qualité de vie des sujets binge drinkers. Sur plus de 17.000 étudiants français en grandes écoles ou en faculté ayant répondu à cette enquête en ligne environ la moitié avaient eu au moins un épisode de binge drinking le mois précédent. Si la qualité de vie apparaît altérée chez certains de ces sujets, c’est la fréquence des épisodes plus que l’intensité de ceux-ci qui semble principalement en cause. Il faut noter que les altérations rapportées concerne essentiellement des items comme les conditions de vie, l’argent, la poursuite de projets ou le sommeil mais peu les relations sociales, l’estime de soi ou le contrôle du comportement, ce qui souligne à quel point le binge drinking semble être actuellement dans le milieu étudiant un comportement socialement admis et programmé.

 

En introduisant ce symposium le professeur HJ Aubin (Villejuif) avait évoqué la crainte que le développement actuel du binge drinking n’inverse bientôt l’évolution positive au cours des dernières décennies de la consommation d’alcool en France et de la morbi-mortalité liée à celle-ci. A l’issue de ces présentations, on ne peut s’empêcher de se demander si en fait ce n’est pas toute une génération, y compris ses éléments les plus brillants, qui est actuellement en train de sacrifier son avenir sur l’autel de la fête dans une indifférence quasi totale de la société.

Christian Trichard,
Étampes




Le Figaro : Le binge drinking affecte visiblement le cerveau
Posté le 01/03/2016, 01:11

Le binge drinking affecte visiblement le cerveau

Par figaro iconPauline Fréour - le 28/12/2015
Cette façon de s'enivrer très rapidement altère la matière blanche de façon durable.

 

En France en 2014, 14 % des 15-24 ans et 10 % des 25-34 ans rapportaient s'être adonnés au binge drinking pendant l'année écoulée.

Jeux à boire, happy hours, shooters vendus au mètre: les habitudes de consommation d'alcool chez les jeunes reflètent la montée en puissance du binge drinking, ou «biture express». Importée des pays anglo-saxons, cette pratique, qui consiste à boire beaucoup en peu de temps pour atteindre l'ivresse, s'étend dans la population française. En 2014, 14 % des 15-24 ans et 10 % des 25-34 ans rapportaient s'y être adonnés pendant l'année écoulée, selon l'Inpes.

Or ce mode de consommation a des effets néfastes sur le cerveau, que les scientifiques s'attachent à évaluer. Le Pr Mickael Naassila (Inserm/université de Picardie) vient ainsi de publier dans la revue Addiction Biology une nouvelle étude sur les conséquences du binge drinking sur la matière blanche du cerveau, en collaboration avec les universités de Reims Champagne-Ardenne et du Sussex. La matière (ou substance) blanche comprend les axones et câbles des neurones qui, eux, forment la matière grise. L'adolescence est une période d'épaississement de la matière blanche qui permet d'accélérer la vitesse de connexion des neurones.

Répercussions anatomiques

Les chercheurs ont soumis une quarantaine d'étudiants (hommes et femmes à parts égales) âgés de 18 à 25 ans, à des questionnaires, des IRM de diffusion et des tests cognitifs, deux fois, à un an d'intervalle. Tous ne pratiquaient pas la biture express, ce qui a permis de comparer deux types de consommation d'alcool. Les observations se sont concentrées rur e gorps calleux (la structure où se croisent les câblages entre les deux hémisphères cérébraux).

Le constat est sans appel, avec cependant une différence entre les hommes et les femmes. Le binge drinking a des répercussions anatomiques visibles sur les hommes, chez qui l'intégrité de la substance blanche est touchée, entraînant une perturbation de la connectivité. Chez eux, la matière blanche est d'autant moins dense qu'ils s'adonnent à la biture express de façon intense. Sur le plan fonctionnel, cela se traduit par une moins bonne mémoire de travail, celle qui nous permet de retenir à court terme des informations dont nous avons besoin pour comprendre un raisonnement, lire, chercher une information, apprendre…

Chez les femmes, la substance blanche ne perd pas en densité. «Sans doute parce que le cerveau des jeunes filles finit sa maturation plus tôt dans l'adolescence, alors qu'elle continue de progresser chez l'homme jeune adulte», avance Mickael Naassila. Mais leurs performances cognitives sont aussi dégradées en cas de binge drinking.«Peut-être la matière blanche subit-elle des altérations plus subtiles. Par ailleurs, on observe chez elles des altérations de la matière grise, formée par les neurones.» Et ces atteintes sont toujours là un an plus tard. «On pense que ces altérations de la substance blanche, et grise d'ailleurs, même si elles récupèrent un peu, vont laisser des séquelles à l'âge adulte», ajoute Mickael Naassila.

Au moins six verres en deux heures

«Cette étude tombe à point avant le réveillon, pour rappeler les méfaits du binge drinking, qui sont peu connus, estime le Pr Michel Reynaud, président du Fonds action addiction. Socialement, ce mode de consommation n'est pas perçu comme une maladie liée à l'alcool, contrairement à la dépendance. Pourtant, les deux induisent une même dégradation des capacités intellectuelles, sociales et émotionnelles: difficultés à se concentrer et à apprendre, surinterprétation des émotions des autres pouvant conduire à des réactions violentes ou, à l'inverse, à des relations sexuelles et amoureuses facilitées.»

La difficulté consiste à définir l'entrée dans le binge drinking. «Consommer régulièrement au moins six verres en deux heures», suggère le Pr Reynaud, soulignant que des études seront encore nécessaires pour affiner ce critère. L'équipe du Pr Naassila s'est appuyée sur une formule prenant en compte le nombre de verres bus par heure et la fréquence à laquelle le sujet avait atteint l'ivresse au cours des six derniers mois. «Dans notre groupe d'étudiants, 40 % des hommes ont été catégorisés comme binge drinkers, et 16 % des femmes, indique Mickaël Naassila. Cela montre bien la banalisation du phénomène.»  




Le Figaro : Binge drinking: comment la mémoire est-elle touchée?
Posté le 01/03/2016, 01:03

Binge drinking: comment la mémoire est-elle touchée?

Mots clés : alcooljeunesadolescents
Par figaro iconMickael Naassila - le 11/09/2015
AVIS D'EXPERT - Les connaissances sur les méfaits de la biture express avancent très rapidement, explique le professeur de physiologie Mickaël Naassila (Inserm/université de Picardie Jules-Verne).

 

L'impact de ces intoxications éthyliques répétées sur l'apprentissage et la mémoire est encore mal connu et largement sous-estimé, voire négligé par les jeunes.

Le phénomène de «biture express», encore appelée «binge drinking», constitue un réel problème de santé publique, et son analyse est maintenant incluse dans les études épidémiologiques chez les jeunes. Il s'agit d'une modalité particulière de consommation excessive d'alcool où l'objectif est de boire le plus rapidement possible pour rechercher l'ivresse, voire le coma éthylique, et il n'est pas rare de retrouver des adolescents aux urgences avec des alcoolémies atteignant les 2 ou 3 g/l. L'impact de ces intoxications éthyliques répétées sur l'apprentissage et la mémoire est encore mal connu et largement sous-estimé, voire négligé par les jeunes. On entend souvent dire que boire jusqu'à l'excès de temps en temps ne laisse pas de traces au niveau du cerveau.

Or les connaissances sur les méfaits du binge drinking avancent très rapidement, et notre unité a notamment démontré, grâce au projet européen AlcoBinge, que la pratique du binge drinking entraîne des atteintes des neurones et de la substance blanche chez les étudiants et étudiantes qui sont encore plus importantes que celles qui sont observées lors de consommations régulières d'alcool. Ces atteintes s'accompagnent aussi de déficits d'apprentissage et de mémorisation. Boire beaucoup et surtout très rapidement apparaît donc comme très néfaste pour le cerveau adolescent.

Pr Mickaël Naassila.
Pr Mickaël Naassila.

Mais par quels mécanismes le binge drinking entraîne-t-il des atteintes de la mémoire? C'est exactement à cette question que notre unité a commencé à répondre dans une publication parue le 6 août dans la revue International Journal of Neuropsychopharmacology, en utilisant un modèle animal dans lequel des administrations répétées d'alcool ont été réalisées à l'adolescence. Les rats âgés de 50 jours ont donc reçu 2 administrations d'alcool espacées de 9 heures pour atteindre à chaque fois des alcoolémies de 2 g/l. Les rats exposés à l'alcool ont été beaucoup moins performants dans un test de mémoire réalisé 48 heures après l'exposition à l'alcool, le test de reconnaissance d'un nouvel objet.

Pour comprendre les mécanismes cellulaires touchés par l'alcool, notre unité a mesuré le phénomène de plasticité synaptique à long terme dans une structure cérébrale jouant un rôle clé dans la mémoire: l'hippocampe. La plasticité synaptique à long terme, le mécanisme cellulaire de la mémoire, correspond à une augmentation (potentialisation) ou une diminution (dépression) de l'efficacité de la transmission de l'information entre deux neurones au niveau de leur connexion: la synapse. Les deux formes de plasticité pourraient être impliquées dans différents apprentissages et types de mémoire. Nos résultats ont montré que l'efficacité de la transmission de l'information au niveau du cerveau semble particulièrement sensible aux intoxications répétées. Elle est récupérée après 8 jours.

Neurotoxique

De nombreuses études depuis une quinzaine d'années ont déjà démontré les atteintes de la potentialisation à long terme (LT) à l'adolescence après des expositions plus chroniques et des mesures effectuées peu de temps après l'alcoolisation. Nos résultats sont originaux dans le sens où nous démontrons un effet sur une autre forme de plasticité et un effet durable, jusqu'à 48 heures après l'intoxication. La dépression à long terme serait particulièrement impliquée dans la mémorisation de la nouveauté et la flexibilité mentale, c'est-à-dire la capacité à s'adapter à un nouvel environnement. Ces données chez l'animal nous éclairent sur les atteintes cognitives plus importantes observées chez les jeunes «binge drinkers» comparativement aux «buveurs sociaux».

Au total, l'ensemble de ces études indique que le binge drinking apparaît comme particulièrement neurotoxique et n'est pas sans conséquence sur le processus qui est à la base de l'apprentissage et de la mémoire, ainsi que sur les performances cognitives.

Il est urgent et impérieux de lutter contre la banalisation des consommations excessives d'alcool en informant, de lutter contre le marketing ciblant les jeunes et contre l'incitation au binge drinking.




Le Courrier picard: PICARDIE La biture express fait un ravage chez les ados
Posté le 01/03/2016, 01:00

PICARDIE La biture express fait un ravage chez les ados

Publié le 03/09/2015 Courrier picard

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Il suffit de deux bitures express (binge drinking) en 24 heures pour que la mémoire soit atteinte. Une étude sur des rats, réalisée par des scientifiques picards, le démontre. 

Prendre deux bitures express (binge drinking), à vingt-quatre heures d’intervalle, suffit à perturber la mémoire d’un adolescent ou d’un jeune. «  Cela n’a rien à voir avec la gueule de bois, le mal de tête  », précise le professeur Olivier Pierrefiche, du Groupe de recherche sur l’alcool et les pharmacodépendances (GRAP), à Amiens. «  On parle bien de la mémoire. »

 

Le professeur a mené cette étude avec une équipe de chercheurs, dont Benoit Silvestre de Ferron, étudiant en thèse de doctorat (financée par la Région Picardie). «  On a voulu comprendre en quoi le mode de consommation binge drinking influait sur la mémoire chez les jeunes  », explique Olivier Pierrefiche. «  Le binge drinking, c’est le fait de s’alcooliser beaucoup et très rapidement  », précise le professeur Mickaël Naassila, directeur du GRAP. «  Cette pratique est née chez les Anglo-Saxons. En France, on considère que cela correspond à une alcoolémie de 0,8 gramme par litre de sang au bout de deux heures, soit 7 verres d’alcool  ».

Les chercheurs ont sélectionné des rats âgés de 50 jours, et leur ont injecté l’équivalent de 2 grammes d’alcool par litre de sang. «  Après cette première prise d’alcool, on n’a rien observé de particulier  », relate le professeur Pierrefiche. «  On a alors répété la même injection neuf heures après, pour mimer deux ivresses rapprochées dans le temps  ». Explications : les rats de 50 jours sont à la fin de leur « adolescence » ; l’intervalle de neuf heures entre les deux injections correspond, chez les humains, à un délai de 24 heures.

48 heures après,

la mémoire flanche

«  On a trouvé des perturbations qui commençaient à apparaître 24 heures après la première prise, et encore plus importantes 48 heures après  », continue le professeur Pierrefiche. «  C’est-à-dire que ça fait belle lurette qu’il n‘y a plus d’alcool dans l’organisme. ».

L’expérience a été ensuite renouvelée sur des animaux vivants – tout ce qu’on vient de décrire a été fait sur des tranches de cerveaux de rats, prises dans l’hippocampe – pour conforter les résultats. «  Les tâches d’apprentissage sont bien perturbées. 48 heures après la première alcoolisation massive, le rat n’est plus capable de reconnaître un nouvel objet dans son environnement  », décrit Olivier Pierrefiche.

La capacité de mémoire revient à la normale au bout de huit jours. «  Si on ne reprend pas une cuite express entre-temps  », s’empresse de préciser Olivier Pierrefiche. «  Les études montrent que les comportements de binge drinking des étudiants ont lieu du jeudi soir au samedi soir, ce qui peut faire trois alcoolisations massives de suite. Si deux bitures express suffisent à perturber la mémoire, on est en droit de se poser la question des effets à long terme  », conclut le professeur Naassila.

«  On va continuer nos travaux en variant la fréquence des alcoolisations, leur nombre, la quantité d’alcool  », annonce le professeur Pierrefiche. Cette étude, qui a nécessité deux ans de recherches, a été publiée, donc validée, par une revue scientifique spécialisée, l’International journal of neuropsychopharmacology, le 6 août dernier.

 

DENIS DESBLEDS

L’un des deux mécanismes de la mémoire annulé

« On recherchait les effets du binge drinking sur la plasticité synaptique », détaille le professeur Olivier Pierrefiche. « C’est-à-dire la capacité de transfert d’informations entre les neurones, modulée à la hausse - la potentialisation à long terme (PLT) - et à la baisse - la dépression à long terme (DLT). Si ces deux mécanismes, qui représentent le mode normal de fonctionnement de la mémoire, ne sont pas observables, il est quasiment sûr que les apprentissages seront déficitaires ». « Avec deux bitures express, c’est la DLT qui est le plus touchée », continue le professeur. « Un des deux mécanismes de la mémoire est annulé, à cause de l’alcool. Le récepteur au glutamate de type NMDA, essentiel à la mémoire et à la plasticité synaptique, et plus précisément la sous-unité Glu2NB, sont affectés par le binge drinking ».

Les racines de l’alcoolisme

Quand le professeur Mickaël Naassila, directeur du GRAP, voit des publicités pour des boissons alcoolisées sur des arrêts de bus situés près d’établissements scolaires, son sang ne fait qu’un tour. «  Si ce n’est pas de l’incitation à boire en direction des jeunes, c’est quoi ?  », demande-t-il. Or, le binge drinking ne fait pas qu’altérer la mémoire 48 heures après deux cuites. Des0rechmr#hes du GRAP, qui participe au projet européen Alcobinge, montrent que si on pratique la biture express à l’adolescence, on le paiera aussi beaucoup plus tard. «  Le binge drinking induit à long terme une addiction à l’alcool à l’âge adulte  », affirme le professeur Naassila.

«  En France, l’alcool est toujours associé à la fête, toujours représenté positivement  », note Olivier Pierrefiche. « Or il existe des gens qui ne boivent pas d’alcool et savent faire la fête. Malheureusement, ils ne sont jamais montrés en exemple  ».

«  En France, les politiques publiques ne sont pas à la hauteur de l’enjeu  », affirme Mickaël Naassila. «  L’alcool est la première cause d’hospitalisation en France, or, seules 10 % des personnes touchées sont prises en charge  », assène-t-il. «  Il faut développer la prévention. Je plaide pour une journée sans alcool, qui serait incluse dans une semaine de sensibilisation aux risques.  »




Le Monde : Deux cuites, et une mémoire qui flanche
Posté le 01/03/2016, 00:55

Deux cuites, et une mémoire qui flanche

LE MONDE SCIENCE ET TECHNO | 17.08.2015 à 15h23 • Mis à jour le 18.08.2015 à 19h04 | Par Sandrine Cabut

image: http://s2.lemde.fr/image2x/2015/08/18/534x0/4729209_6_6335_etude-sur-des-rats-des-effets-deleteres-de_31dfe5085bae129b646a1155588e880e.jpg

Étude sur des rats des effets délétères de l’alcool sur la mémoire

Alors que le phénomène des bitures express (binge drinking) s’intensifie en Europe et notamment en France, c’est un résultat inquiétant que livre l’équipe des pro­fesseurs Olivier Pierrefiche et Mickaël Naassila (Inserm, groupe de recherche sur l’alcool et les pharmacodépendances, université de Picardie). Chez des rats adolescents, deux épisodes rapprochés de binge drinking suffisent à perturber durablement les processus d’apprentissage et de mémorisation, concluent leurs travaux, parus le 6 août dans la ­revue International Journal of Neuropsychopharmacology.

Cette étude s’intègre dans le projet européen AlcoBinge, qui réunit des chercheurs français et britanniques pour explorer la théma­tique du binge drinking dans une population étudiante et avec des modèles animaux.

En quelques années, le sujet est devenu une affaire de santé publique. En France, parmi les 18-25 ans, la proportion de personnes ayant connu une ivresse dans l’année est passée de 33 % à 46 %, entre 2005 et 2014, selon le baromètre santé de l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes).

« Quand nous venons parler des méfaits de l’alcool en milieu ­sco­laire, les jeunes nous rétorquent souvent qu’une cuite par-ci par-là, ce n’est pas dangereux. D’où l’idée de déterminer quels sont les seuils, en fréquence et en dose, qui peuvent induire des troubles de la ­mé­moire », raconte Mickaël Naassila. Une recherche d’autant plus justifiée qu’un épisode de black-out total n’est pas exceptionnel dans les jours qui suivent un binge drinking. « Selon une de nos ­ enquêtes effectuées auprès d’étudiants en médecine, environ un sur deux ­reconnaît avoir eu des pertes de ­mémoire après une alcoolisation aiguë », ajoute le spécialiste.

Les chercheurs d’Amiens ont ­sélectionné des rats âgés d’une cinquantaine de jours, l’adolescence s’étalant, chez ces rongeurs, du 30e au 60e jour de vie. Une forte dose d’éthanol leur a été injectée pour provoquer une ascension ­rapide de l’alcoolémie jusqu’à ­environ 2 g/l, niveau auquel les jeunes humains se retrouvent ­volontiers aux urgences.

Plasticité synaptique

L’administration de cette dose a été répétée neuf heures plus tard chez une partie d’entre eux pour reproduire une deuxième ivresse aiguë, proche dans le temps. Dans les 48 heures suivantes, Mickaël Naassila et ses collègues ont évalué les fonctions d’apprentissage avec un test « de ­reconnaissance » d’un nouvel objet. Ils ont aussi ­exploré le mécanisme à la base de la ­mémorisation : la plasticité ­synaptique. Pour cela, ils ont ­mesuré, sur des tranches de cerveau, l’activité électrique au ­niveau de l’hippocampe, une zone cérébrale ­ impliquée dans les processus de mémorisation.

Les résultats sont sans appel. Après une ivresse, la plasticité ­synaptique des rats est conservée. Mais deux alcoolisations rapprochées entraînent une nette ­perturbation de la mémorisation pendant 48 heures, avec un retour vers la normale au 8e jour. La plasticité synaptique est également altérée. « L’apprentissage et le stockage de nouvelles informations se font par des modifications de l’efficacitéde la transmission entre neurones. La plasticité ­ synaptique à long terme, qui peut être soit augmentée : potentialisation à long terme (PLT) ; soit diminuée : dépression à long terme (DLT), détaille Mickaël Naassila. On savait déjà que l’alcool perturbe la PLT, nous avons montré que la DLT est beaucoup plus sensible car ­complètement abolie, ce qui n’était pas connu. »

Les chercheurs ont, par ailleurs, établi que les effets délétères de l’alcool sur la mémoire passent par le glutamate, un neurotransmetteur, et son récepteur NMDA, ce toxique entraînant une modifi­cation d’une sous-unité de ce récepteur. Chez ces animaux de laboratoire, les effets amnésiants de l’alcool ont pu être prévenus par l’administration au préalable de ­D-sérine, une molécule aux propriétés promnésiantes. Inversement, une injection de kétamine, un anesthésique bloquant le ­récepteur NMDA, a eu des effets comparables à ceux de l’alcool.

La prochaine fois que l’équipe de Naassila ira faire de la prévention dans les écoles, elle saura quoi ­répondre aux élèves qui croient encore que les ivresses occasionnelles sont sans conséquences.


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/sciences/article/2015/08/17/deux-cuites-et-une-memoire-qui-flanche_4728064_1650684.html#7zcdA5XxtDqSwHCv.99



Les derniers résultats du projet AlcoBinge commentés dans le Journal Du Dimanche
Posté le 23/08/2015, 18:47

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Les derniers résultats du projet AlcoBinge commentés dans le journal Le Monde
Posté le 23/08/2015, 18:44

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Publication in Alcoholism: Clinical and Experimental Research on Binge drinking & impulsivity
Posté le 29/10/2014, 13:25

  1. Sandra Sanchez-Roige, Yolanda Peña-Oliver, Tamzin L. Ripley and David N. Stephens*

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25346503

Background

A strong association exists between impulsivity and binge drinking, and between adolescent alcohol exposure and alcohol abuse in humans. To understand the extent to which early-life alcohol exposure contributes to increased impulsivity, we developed an animal model of binge drinking using 2 strains of mice, C57BL/6J (B6) and DBA2/J (D2), that differ in both motor impulsivity and alcohol drinking.

Methods

Mice were treated with 2 g/kg ethanol (EtOH) during their early (intermittent ethanol exposure [IEE]_Early; postnatal day [PND]30 to 45) or late (IEE_Late; PND45 to 60) adolescence or with saline (control group [CON]) throughout the adolescence period. To determine the consequences IEE on waiting impulsivity and attentional function, the number of premature responses and omissions, respectively, were evaluated in adulthood using the 5-choice serial reaction time task (5-CSRTT). To examine the effects of IEE on choice impulsivity, risky decision making was assessed in adulthood using a mouse version of the Iowa Gambling Task (mIGT). Additionally, the acute effects of EtOH in adulthood on waiting impulsivity and choice preference were investigated.

Results

We provide experimental evidence that IEE during late, but not early, adolescence disrupts waiting impulsivity and attentional abilities in the 5-CSRTT. In contrast, IEE during early, but not late, adolescence altered risky decision making in the mIGT. D2 mice consistently showed lower premature responding than B6 mice in both the mIGT and the 5-CSRTT, but greater risky decision making on the mIGT. IEE and CON mice showed similar responsiveness to the acute EtOH effects on premature responding, but increased risky choices only in B6_IEE_Early mice.

Conclusions

Our observations suggest a direct effect of IEE during adolescence on waiting and choice impulsivity and attention later in life.




Publication on binge drinking & impulsivity in the high ranked journal Neuropsychopharmacology
Posté le 07/09/2014, 18:49

The current data from the AlcoBinge project reveal that high waiting impulsivity seen in Binge drinker subjects may not only be a consequence, but also may precede binge drinking. Although, only prospective studies in adolescents could finally identify behavioral predictors of alcohol binge drinking, studies like this one can guide us to include appropriate tasks in prospective studies.

Neuropsychopharmacology advance online publication 16 July 2014; doi: 10.1038/npp.2014.151

Exaggerated Waiting Impulsivity Associated with Human Binge Drinking, and High Alcohol Consumption in Mice

Sandra Sanchez-Roige1, Victor Baro1, Leanne Trick1, Yolanda Peña-Oliver1, David N Stephens1 and Theodora Duka1

1School of Psychology, University of Sussex, Falmer, Brighton, UK

Correspondence: Dr T Duka, School of Psychology, University of Sussex, Falmer, Brighton BN1 9QG, UK, Tel: +1 44 1273 678879, Fax: +44 1273 678058, E-mail: t.duka@sussex.ac.uk

Received 28 March 2014; Revised 9 June 2014; Accepted 11 June 2014
Accepted article preview online 11 June 2014; Advance online publication 16 July 2014

Abstract

There are well-established links between impulsivity and alcohol use in humans and animal models; however, whether exaggerated impulsivity is a premorbid risk factor or a consequence of alcohol intake remains unclear. In a first approach, human young (18–25 years) social binge and non-binge drinkers were tested for motor impulsivity and attentional abilities in a human version of the Five-Choice Serial Reaction Time Task (Sx-5CSRTT), modeled on the rodent 5CSRTT. Participants completed four variants of the Sx-5CSRT, in addition to being screened for impulsive traits (BIS-11 questionnaire) and impulsive behavior (by means of the Delay Discounting Questionnaire, Two-Choice Impulsivity Paradigm (TCIP), Stop Signal Reaction Time, and Time Estimation Task). Using a second approach, we compared one of these impulsivity measures, 5CSRTT performance, in two inbred strains of mice known to differ in alcohol intake. Compared with non-bingers (NBD; n=22), binge drinkers (BD,n=22) showed robust impairments in attention and premature responding when evaluated under increased attentional load, in addition to presenting deficits in decision making using the TCIP. The best predictors for high binge drinking score were premature responding in the Sx-5CSRTT, trait impulsivity in the BIS-11, and decision making in the TCIP. Alcohol-naïve C57BL/6J (B6) mice (alcohol preferring) were more impulsive in the 5CSRTT than DBA2/J (D2) mice (alcohol averse); the degree of impulsivity correlated with subsequent alcohol consumption. Homologous measures in animal and human studies indicate increased premature responding in young social BD and in the ethanol-preferring B6 strain of mice.

 



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